Planification écologique et agriculture : défendre notre souveraineté alimentaire
- 6 nov. 2024
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J’ai auditionné ce matin Antoine Peillon, secrétaire général à la planification écologique, afin d’échanger sur les orientations retenues par le Gouvernement en matière de transition écologique et leurs conséquences pour notre agriculture.
Si la nécessité de répondre aux défis environnementaux fait aujourd’hui consensus, les solutions proposées ne doivent pas conduire à fragiliser notre modèle agricole ni à remettre en cause notre capacité à assurer notre souveraineté alimentaire. Derrière certains objectifs affichés, de nombreuses interrogations subsistent quant à leur impact concret sur les exploitations agricoles et sur l’avenir de notre production national
La planification écologique engagée par le Gouvernement vise à organiser la transition de l’économie française vers un modèle plus durable. Dans le secteur agricole, cette stratégie prévoit notamment une réduction des émissions de gaz à effet de serre, une évolution des pratiques de production et une transformation des habitudes de consommation.
Ces orientations s’accompagnent de contraintes nouvelles pour les agriculteurs, déjà confrontés à de nombreuses difficultés : hausse des coûts de production, concurrence internationale, aléas climatiques et complexité administrative. Dans le même temps, la France demeure fortement dépendante des importations pour certains intrants stratégiques, notamment les engrais, dont une large part provient de l’étranger.
Cette situation soulève une question essentielle : comment renforcer la résilience de notre agriculture tout en préservant sa compétitivité et sa capacité à nourrir les Français ?
L’agriculture constitue un secteur stratégique pour notre pays. Elle garantit non seulement notre sécurité alimentaire, mais participe également à l’aménagement du territoire, à l’emploi et au dynamisme économique de nombreuses régions.
Toute transformation du modèle agricole doit donc être menée avec pragmatisme. Une transition écologique réussie ne peut reposer uniquement sur l’accumulation de contraintes ou sur une réduction de la production nationale. Elle doit au contraire permettre aux exploitations de rester compétitives tout en accompagnant leur adaptation aux nouveaux défis environnementaux.
L’un des paradoxes soulevés lors de cette audition réside dans le maintien d’une forte dépendance aux importations d’engrais. Cette réalité interroge la cohérence d’une stratégie qui vise à renforcer la résilience de notre économie tout en laissant subsister des vulnérabilités majeures dans notre appareil productif.
La souveraineté alimentaire suppose en effet de sécuriser l’ensemble de la chaîne de production, depuis les intrants jusqu’à la commercialisation des produits agricoles.
Au cours de cette audition, j’ai souhaité interpeller Antoine Peillon sur les conséquences concrètes de la planification écologique pour les agriculteurs français.
J’ai rappelé que la transition environnementale ne pouvait être menée au détriment de notre capacité de production. Les exploitants agricoles ont besoin de visibilité, de stabilité et d’un accompagnement adapté plutôt que d’une multiplication des contraintes réglementaires.
J’ai également souligné la nécessité de réduire nos dépendances stratégiques, notamment en matière d’intrants agricoles. Renforcer notre souveraineté alimentaire implique de soutenir la production nationale et de garantir aux agriculteurs les moyens de rester compétitifs dans un contexte international de plus en plus exigeant.
La transition écologique constitue un défi majeur pour notre pays, mais elle ne doit pas conduire à affaiblir notre agriculture ni à accroître nos dépendances.
Les objectifs environnementaux doivent être conciliés avec les impératifs de production, de compétitivité et de souveraineté alimentaire. Je continuerai à défendre une approche équilibrée, fondée sur le pragmatisme, l’innovation et la confiance envers nos agriculteurs, afin que la transition écologique soit une opportunité pour notre agriculture plutôt qu'une source de fragilisation.

