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Projet de loi d'urgence agricole : mon intervention

28 avr.
2 min de lecture

Merci Madame la Présidente,

Madame la Ministre,

Chers collègues,


Je ne peux commencer mon propos sans dénoncer une méthode inacceptable : le dépôt massif d'amendements par les rapporteurs jusqu'à il y a encore quelques minutes.


Ce procédé est un affront au travail parlementaire ; il est tout à fait inadmissible de légiférer dans la précipitation et le désordre sur des enjeux aussi vitaux que notre souveraineté agricole.

Mais venons-en au cœur de notre sujet.


Nous l’affirmions déjà il y a quelques jours lors de votre audition Madame la Ministre : si nous en sommes là aujourd’hui, ce n’est pas par hasard. C’est le résultat d’années de choix politiques qui ont privilégié l’idéologie au bon sens, organisant, de fait, le déclassement de notre agriculture.


Aujourd'hui, face à ce projet de loi dit d'urgence, et devant la détresse de nos campagnes, nous faisons le choix du pragmatisme.


Parce que chaque jour passant est une charge de plus pour nos exploitations et ceux qui nous nourrissent, nous souhaitons que ce texte, malgré ses lacunes, puisse être adopté dans les meilleurs délais. 


Mais ne nous demandez pas d’applaudir. Si ce texte propose des avancées, demandées d’ailleurs depuis des années, nous sommes encore loin du bouclier qu’il faudrait brandir contre la concurrence déloyale et l'enfer des surtranspositions.


Durant cet examen en commission, nous porterons des exigences fermes pour que ces dispositions ne se transforment pas en nouvelles condamnations :


D’abord, sur les aires de captage (à l’article 8) : C'est un point de vigilance absolue. Votre texte menace directement nos filières d'excellence : la pomme de terre, le lin, la betterave.


Si vous laissez les préfets classer des captages « prioritaires » sur la base de pollutions historiques — des molécules interdites depuis 30 ans sur lesquelles les exploitants n'ont aucune prise — vous allez rayer de la carte 40 % de nos cultures industrielles.


Nous exigeons que ces zones soient définies sur des réalités agronomiques actuelles et qu'elles donnent lieu à une indemnisation intégrale des pertes de rendement. On ne finance pas l'écologie par la faillite de nos producteurs de pommes de terre.


Sur le foncier (aux articles 7 et 10) : Stop au harcèlement. Nous demandons la présomption de non-humidité pour les surfaces agricoles.


C’est à l’État de prouver qu’une terre ne peut être cultivée, et non l’inverse. De même, nous exigeons la sanctuarisation de nos terres les plus fertiles : on ne sacrifie pas des sols à haut potentiel agronomique pour de la compensation écologique.


On ne nourrit pas un pays sans terres agricoles !


Monsieur le Ministre, l’idéologie ne doit plus jamais l’emporter sur la réalité de ceux qui résistent dans nos territoires.


Nos agriculteurs ont trop souffert de votre mépris et de vos lenteurs. Ce texte doit aboutir pour qu'ils obtiennent ces quelques avancées au plus vite.


Mais nous resterons d'une vigilance absolue : l'agriculture n'a pas besoin de pansements, elle a besoin de respect, de soutien et par-dessus tout, de retrouver sa liberté et sa capacité à produire.


Je vous remercie.

 
 

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David Magnier, Député Rassemblement National de l'Oise

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