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Projet de loi d'urgence agricole : les limites du gouvernement

  • 15 avr.
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 27 avr.


Madame la ministre, Monsieur le ministre,


Soyons honnêtes : si nous en sommes là aujourd’hui, ce n’est pas par hasard. C’est le résultat de vos choix politiques.


Pendant des années, vous avez accumulé les normes, les contraintes, les interdictions, tout en culpabilisant le monde agricole. Et aujourd’hui, vous venez nous parler d’“urgence”. Mais l’urgence, Madame la Ministre, Monsieur le Ministre, vous l’avez ignorée, tout comme vous avez ignoré, plus récemment, les travaux du Sénat et la loi Duplomb dès 2024.


La réalité est désormais brutale : nous produisons moins, nous importons plus et nous avons progressivement organisé le déclassement de notre agriculture. Oui, organisé, parce qu’à force de privilégier des logiques idéologiques plutôt que la réalité du terrain, vous avez construit un système dans lequel produire en France est devenu un parcours d’obstacles.


Prenons la question de l’eau. Tout le monde parle d’adaptation au changement climatique. Mais dans les faits, les projets de stockage restent bloqués pendant des années, empêtrés dans des procédures interminables, des recours à répétition et une complexité administrative décourageante.


Résultat : des agriculteurs qui attendent, des cultures qui souffrent et une production qui recule. Et pendant ce temps, rien n’avance réellement.


Concernant les normes environnementales, Personne ici ne conteste leur nécessité. Mais leur accumulation produit un effet inverse à celui recherché : elles pénalisent les producteurs français, sans empêcher l’importation de produits qui ne respectent pas ces mêmes exigences.


Nous avons donc créé une situation incohérente, dans laquelle produire en France devient toujours plus difficile, tandis qu’importer reste possible sans contrainte équivalente.


Sur le foncier agricole, la contradiction est tout aussi évidente.


Vous parlez de souveraineté alimentaire, mais dans le même temps vous laissez disparaître des terres agricoles, parfois au nom de mécanismes de compensation qui réduisent directement notre capacité à produire.


On ne peut pas défendre la production nationale tout en diminuant les surfaces qui la rendent possible. On ne nourrit pas un pays sans terres agricoles.

 

Enfin, parlons de nos éleveurs. Dans nos territoires, ils ne vivent plus, ils résistent. Face à une prédation qui a fait 12 000 victimes en 2025, la réponse publique est restée bureaucratique. Le loup doit être régulé, l’éleveur doit être protégé. C’est une question de survie et de bon sens.


Le véritable enjeu de ce texte est clair : maintenir des normes qui affaiblissent notre agriculture, ou enfin permettre à notre agriculture de fonctionner. Pour le Rassemblement National, il n’y a aucune ambiguïté : nous voulons une France qui produit et des agriculteurs qui vivent de leur travail. Cela suppose d'arrêter de pénaliser les producteurs et de rétablir une concurrence équitable.


Madame, Monsieur le Ministre, l’idéologie ne doit plus jamais l’emporter sur la réalité de ceux qui nous nourrissent, qui plus est dans un contexte géopolitique où la souveraineté alimentaire est une arme stratégique.


Alors la question n’est plus théorique, elle est directement liée à ce projet de loi :

Ce texte va-t-il réellement permettre à nos agriculteurs de produire davantage en France… ou va-t-il, une fois de plus, ajouter des contraintes sans lever les blocages existants ?


Nous serons, lors de cet examen, d’une vigilance absolue.  


Je vous remercie.

 
 

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David Magnier, Député Rassemblement National de l'Oise

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