Santé mentale et handicap : des défaillances alarmantes révélées en commission d’enquête
- 22 oct. 2025
- 2 min de lecture
Dans le cadre de la commission d’enquête sur la défaillance publique de la prise en charge de la santé mentale et du handicap, nous avons mené une audition particulièrement marquante. Les constats présentés mettent en lumière des lacunes profondes dans la protection des enfants les plus vulnérables, notamment victimes de violences intrafamiliales.
Lors de cette audition, nous avons entendu la Professeure Céline Greco, cheffe du service de médecine de la douleur et de médecine palliative à l’hôpital Necker-Enfants malades.
Son intervention a révélé des données particulièrement préoccupantes. Les enfants victimes de violences intrafamiliales présentent un risque de suicide multiplié par 37 et une espérance de vie réduite de 20 ans. Des chiffres qui traduisent l’ampleur du drame humain.
Plus inquiétant encore, il est aujourd’hui quasiment impossible de quantifier précisément le nombre d’enfants concernés. En cause : un manque d’outils de détection efficaces et des systèmes de remontée d’informations insuffisants.
Au-delà de la dimension humaine, le coût de cette défaillance est estimé à 38 milliards d’euros par an pour la France, illustrant également un enjeu économique majeur.
Ces constats mettent en évidence une défaillance structurelle dans la prévention et la prise en charge des situations à risque.
Le rôle des institutions, notamment celui de l’Éducation nationale, est directement interrogé. Les signaux faibles, pourtant essentiels pour identifier les situations de danger, sont trop souvent ignorés ou insuffisamment traités.
L’enjeu est donc double : améliorer la détection précoce des violences et renforcer la coordination entre les différents acteurs (éducation, santé, services sociaux) pour protéger efficacement les enfants.
Il s’agit également de doter les pouvoirs publics d’outils fiables pour mesurer l’ampleur du phénomène et adapter les politiques publiques en conséquence.
Cette audition confirme la gravité des défaillances dans la prise en charge de la santé mentale et du handicap des enfants.
Je considère qu’il est inacceptable que des signaux d’alerte ne soient pas pris en compte, alors même que les conséquences peuvent être dramatiques et durables.
Le manque d’outils de détection et de suivi constitue une faille majeure. Il est indispensable de renforcer les dispositifs existants, d’améliorer la circulation de l’information et de responsabiliser l’ensemble des acteurs concernés.
Ce travail en commission d’enquête est essentiel : il permet de documenter précisément ces dysfonctionnements pour proposer des réponses concrètes et mieux protéger les enfants les plus vulnérables.
Les éléments recueillis lors de cette audition appellent à une mobilisation forte des pouvoirs publics. La protection de l’enfance ne peut souffrir d’approximation.
Améliorer la prévention, renforcer les outils de détection et assurer une prise en charge coordonnée doivent devenir des priorités absolues. C’est à cette condition que nous pourrons garantir une protection effective des enfants et répondre à l’urgence de la situation.

